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Prescription décennale de l’article L. 421-9 du Code de l’urbanisme et vente immobilière

Publié le : 10/06/2026 10 juin juin 06 2026

À l’occasion d’une mutation immobilière, la révélation d’une irrégularité d’urbanisme soulève des enjeux déterminants pour les parties. Si l’ancienneté d’une construction peut atténuer certains risques, le mécanisme de prescription instauré par le Code de l’urbanisme ne saurait être assimilé à une validation automatique de la situation administrative du bien.

Quelle est la portée réelle de la prescription prévue par l’article L. 421-9 du Code de l’urbanisme ?

L’article L. 421-9 du Code de l’urbanisme prévoit qu’une construction achevée depuis plus de dix ans ne peut, en principe, être contestée du fait de l’irrégularité ou de l’absence de l’autorisation d’urbanisme ayant permis son édification. Cette prescription décennale participe à la stabilité des situations acquises et sécurise les transactions en limitant les remises en cause tardives. Cette règle n’est toutefois pas absolue. Le texte ménage plusieurs exceptions, notamment lorsque l’ouvrage a été réalisé sans permis alors qu’il était requis, lorsqu’il est implanté dans un site protégé ou lorsqu’une décision juridictionnelle a constaté son irrégularité. Dans ces cas, l’administration demeure fondée à refuser de nouvelles autorisations ou à s’opposer à des travaux ultérieurs. La prescription n’emporte donc pas disparition de toute irrégularité.

Quels enjeux pour le notaire lors d’une mutation immobilière ?

La difficulté consiste à distinguer l’extinction de certains risques répressifs de la conformité substantielle de la construction aux règles d’urbanisme. Une extension édifiée sans autorisation depuis plus de dix ans ne devient pas, de ce seul fait, régulière au regard des normes applicables. Lors d’une revente, cette situation peut produire des effets concrets. Un acquéreur projetant une surélévation, une division parcellaire ou un changement de destination peut se voir opposer un refus fondé sur l’irrégularité initiale. La valeur du bien et la faisabilité des projets envisagés peuvent en être affectées. La vérification des autorisations délivrées, de leur concordance avec l’état existant et de l’éventuelle application de la prescription constitue ainsi un élément central de la sécurisation de l’acte. Cette analyse permet d’identifier les risques résiduels susceptibles d’influer sur la situation juridique du bien cédé.

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